mardi 19 novembre 2019

J'accuse

J'accuse : Photo Jean Dujardin

J'ACCUSE - ROMAN POLANSKI - NOTE : 4/5



J'accuseSortie : 13 Novembre 2019

Drame, Historique, Thriller

Tout public

"Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier.
Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. L’affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées.
A partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus."




Avant de commencer cette chronique, je veux juste faire une petite précision sur le réalisateur. Je ne veux pas glorifier, ni minimiser ce que Roman Polanski a fait, et je suis d'accord sur le fait qu'il devrait être en prison ; mais on ne devrait pas lyncher un film juste à cause de son réalisateur, nier ou boycotter un film parce que son réalisateur devrait être en prison. Ce film existe, et le regarder ne fait pas des spectateurs les complices de ce que Roman Polanski a fait. C'est mon intime conviction...

L'affaire Dreyfus est l'une de ces choses qu'on apprend rapidement au collège ou lycée, et dont on retient que quelques souvenirs : Le Bordereau, la dégradation de Dreyfus, le titre de l'Aurore "J'accuse", et au déchirement d'une société entre dreyfusards et anti-dreyfusards. 

Grace au film, on apprend à connaître un autre personnage que l'on connaît moins : le colonel Picquart, interprété excellemment par un Jean Dujardin dont le rôle a été taillé sur mesure. Dès le début du film, nous rentrons dans le vif du sujet, avec la fameuse dégradation d'Alfred Dreyfus, et l'on sent dans les premiers images toute la pression exercée sur ce soldat juif alsacien. 
On continue de plonger dans une société profondément antisémite, une armée qui essaye de tout faire pour cacher leurs erreurs, et aveuglée par leurs propres honneurs. Le film n'est néanmoins pas centré sur Dreyfus, mais sur un colonel - que l'on devine cependant tout aussi anti-juif que ces compatriotes et l'armée - qui fera tout pour rétablir la vérité, au péril de sa vie et de sa carrière militaire prometteuse.

Côté ambiance, on s'y croirait, des uniformes d'époques aux rues pavées de Paris, des mœurs de l'époque au préjugé, jusqu'à un Emile Zola ou un Alfred Dreyfus plus vrai que nature. Seul reproche, ces bonds en avant ou en arrière dans le temps, qui m'ont fait douter de quand ça s'est passé dans la chronologie de l'histoire. Je retrouve ainsi un bon, un excellent film comme les films français sérieux peuvent produire : sobre, efficace, détaillé, bouleversant, dramatique.

Ce film appartient à ces films qui commencent à proliférer de nos jours, un biopic sur un homme ou une femme pendant une période cruciale de sa vie. Pour mieux comprendre la vie du colonel Picquart et de l'affaire Dreyfus, pour autant comprendre cette affaire qu'un documentaire - l'ennui en moins et la mise en scène en plus - pour mieux prendre du recul sur les maux de cette société d'hier, je conseille de le voir, au moins par curiosité.

Aurélien,
Chroniqueur

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