lundi 4 mars 2019

Anouk

ANOUK - OLIVIA QUETIER - NOTE : 5/5


Editions le Lys Bleu

Psychologie

ISBN : 9782378778002 

Prix : 21€90

"On en a tous rêvé. Elle l’a fait. Disparaître. Anouk, mariée, deux enfants, part comme chaque matin au travail. Mais elle ne s’y arrêtera pas. Elle poursuivra sa route. Ce livre est l’histoire de sa disparition. Elle quittera tout, son mari, ses enfants, son amant, ses amis, elle se délestera de ses papiers, de son argent, de sa vie. Elle fuit, se fuit, change de nom, de métier, de relations. Ses démons intérieurs ne la quittent cependant pas.
Son mari, Pierrick, la cherche, la poursuit, tente de retracer son chemin, il questionne leur entourage et peu à peu se dévoile la véritable histoire d’Anouk. 
Un récit à double voix où Anouk et Pierrick livrent chacun leur expérience de cette disparition volontaire. "



Pour commencer, je tiens à remercier l’auteure, c’est la seconde fois que je la lis et j’ai vraiment apprécié reconnaître sa plume et son style. On retrouve une fois de plus son aisance à rendre son récit très réaliste, ses recherches psychologiques qui rendent le tout totalement intéressant et qui ont attiré ma curiosité avec des situations toujours adéquates pour nous transmettre de très belles leçons de vie. 

Ce qui est du roman en général, j’ai aimé la narration, les détails, le rendu naturel de l’histoire. Avec une fois de plus des personnages très humains, compréhensibles, que l’on peut identifier très très simplement. Je suis rentrée dans l’histoire dès le début, séduite par la sincérité du récit. On parle de psychologie, même beaucoup plus que cela, je dois dire que le texte m’a cloué le bec, entre problèmes de famille, d’amour, des souvenirs douloureux, voire même traumatisants, comme on en a tous. Anouk est un roman qui ouvre les yeux. Grace à la fuite d’une femme piégée dans sa vie, on ouvre les yeux. Qui n’a jamais rêvé de tout quitter et sans aller ? En plus de cela, on a le point de vue de la famille, celui de ceux qui ne comprennent pas, celui d’un mari prêt à tout pour comprendre justement. 

Parlons d’Anouk, le personnage principal, mariée, mère et porte sur son dos le poids de sa vie. On la découvre tout le long du roman, elle est vraiment mystérieuse et incomprise. Femme en quête de liberté, elle quitte tout, comme ça, sans raison, sans message. Je me suis directement attachée à elle, mais également à sa famille. Elle m’a intriguée, la relation entre elle et sa fille également, une relation étrange, glaciale entre une fillette et sa mère.  Cette femme change de ville, d’identité, de physique, elle s’offre une nouvelle histoire, se cachant derrière un nouveau prénom et une personnalité mais qui trouve refuge dans l’alcool et les médicaments. Le début m’a fait croire à une petite crise à cause du stress, de toute la pression de famille, du travail et de la vie courante mais au fil des pages, on ouvre cette femme, on fouille en elle puis on croit comprendre. Elle le dit elle-même, elle ne sait pas. Nous non-plus, on ne comprend pas pourquoi, mais on la comprend quand même. C’est là que la fascinante psychanalyse entre dans l’histoire, le passé joue beaucoup sur nous, il nous colle à la peau. Chaque humain supporte la douleur à sa façon, chacun grandit à sa façon, il est dur de ne pas juger quelqu’un, de ne pas se demander si elle souffre, si elle a traversé des étapes difficiles. En lisant le résumé, je me suis promis de ne pas juger Anouk, d’essayer de la percer mais elle est compliquée. Elle est vide.  

La différence des personnages m’a plu, Pierrick est un homme bon, simple, rempli d’espoir. Je l’ai trouvé incroyablement humain. Il a des valeurs respectables, un rêve de vie basique et sait se satisfaire de ce qu’il a. Il est la parfaite image d’un parent, il ferait tout pour ses enfants, d’ailleurs il aide les adolescents en phase difficile. Son enquête pour comprendre la fuite de sa femme nous dévoile les deux points de vue d’une même histoire. Il cache également une histoire de famille ressemblant à celle de sa femme, il fait des allusions à son frère, il hésite, essaie, réfléchit. Quant aux autres personnages secondaires, chacun apportait une touche de réflexions, aucun d’entre eux n’était inutile au point d’être oublié. Joe, Adrien, Milène, Josy... Énormément de personnes entrent dans nos vies et ressortent en nous laissant quelque chose, Josy est une vraie leçon je trouve.  Entre amour toxique, prison, mensonges, passion ou dépendance, entraide, guérison  ils ont tous marqué mon esprit et font tous parti de l’histoire d’Anouk.  

Certaines scènes étaient terribles et difficiles mais reflètent une vérité trop oubliée, tellement de personnes souffrent et ne trouvent pas leur bonheur. Au final, Anouk aura fuit toute sa vie, impossible à satisfaire, elle ne trouve pas sa place dans une vie où l’on ne peut pas s’aimer sans vivre ensemble, une vie chère, une vie remplie de papiers, de promesses et de complications. Elle cherche désespéramment sa place, sa personne dans un monde qu’elle ne comprend pas. Elle fait face à son passé, à son présent, passant par plusieurs identités, plusieurs histoires, plusieurs villes. Elle court après ce qu’elle a toujours cherché, elle retourne en arrière, fait un bond dans le futur et se noie dans l’alcool et la codéine : son seul moyen d’y voir un minimum plus clair. Son parcours est réaliste, elle souffre et hurle. Elle fuit Anouk. Derrière ce prénom, c’est la vie de beaucoup de personnes sur terre qui est racontée, c’est une histoire commune qui est dans l’ombre, le rêve de tant de personnes. J’ai réfléchi à ce que ce roman m’a apporté et je réponds lumière, explications et raison. 

La fin du roman est particulière, on s’attend tous à la happy end habituelle, pas à la vérité. A ce qu’il se passe dans la vraie vie. Voilà ce qui fait le grand charme de ce roman et vaut mon 5/5, Anouk n’a pas fui un petit mois pour revenir et continuer sa vie, elle n’a pas arrêté l’alcool du jour au lendemain, elle n’a pas trouvé de l’argent qui descend du ciel. Elle a fait face à ses démons, elle a souffert, beaucoup, elle est partie se rencontrer et nous, lecteurs, on la rencontre aussi. Toujours à la fin, on comprend la raison de la narration, les choix d’écriture. Anouk est un courant d’air, on voyage, on découvre le côté sombre de la rue, de la vie.

C’est avec joie que j’ai pu relire Olivia Quetier pour son deuxième roman qui se marie à merveille avec son travail de psychologue. Je recommande ce roman à toutes les âmes fortes désireuses d’en apprendre toujours plus sur l’humain et ses coutures. Sous une plume crue, ravageuse et par moment sensible, découvrez l’histoire d’Anouk. 

Iza,
Chroniqueuse


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