mardi 25 septembre 2018

Immortel Ad Vitam

IMMORTEL AD VITAM - CECILE POMMEREAU - NOTE : 5/5


Résultat de recherche d'images pour "immortel ad vitam livre"Editions Noir d’Absinthe ( Réédition )

Polar Fantastique 

ISBN : 978-2-490417-12-4

Prix : 15€ / 4,99€ (ebook)



"Fred a un physique banal et les poches trouées. Il n'arrive pas à garder une fille plus de trois semaines et sort de prison. Pour couronner le tout, c'est le jour où il essaie de se foutre en l'air qu'il apprend qu'il est immortel. Fred n'a pas de chance. 


Jean, lui, est flic. Il pensait avoir tout vu après trente ans passés a la Crim'. Mais voilà qu'un beau jour, un de ses cadavres se paye le luxe de se tirer de la scène de crime. Pour lui c'en est trop et il est bien décidé à le retrouver. Il ne manquerait plus qu'il parte en retraite avec une affaire non élucidée...



Pour commencer, je tiens à préciser que j’ai longtemps hésité sur le genre de ce roman. Il est dit polar fantastique mais il est tellement plus, comme une sorte de cocktail dans lequel je me suis amusée à découvrir tous les genres mélangés. 

Fred n’a vraiment pas de chance, il a tout perdu, malheureux et en quête de la mort. A première vue, il est assez sombre, pessimiste et décourageant, cependant il est vraiment mon personnage préféré car il est profond et tout simplement innocent ! Il n’a rien demandé, de ce fait, une sorte de pitié s’est installée en moi. Quant à Jean, il est l’homme qui peut changer une vie ; il a du vécu, une vision du monde particulière, c’est vrai qu’il m’a beaucoup touchée. Il subit ce que l’on appelle la routine mais malgré cela, il sait qu’il a un impact sur la vie des gens, qu’il aide et sauve des personnes en protégeant du mieux qu’il puisse le monde. La plume de l’auteure joue beaucoup, on sent bien son parcours et son expérience dans ce milieu qui glisse naturellement, facilitant la lecture. 

L’intrigue de l’histoire, c’est-à-dire cette immortalité bien étrange et une enquête particulièrement prenante, a permis la rencontre de ces deux naufragés de la vie dont la relation m’a complètement émue. Une relation père-fils, ou de simples potes ? Pourtant impossible de reconnaître Jean avant et après sa rencontre avec Fred et inversement. Au fond, ce sont des liens qui nous font et le leur n’a été que bénéfique du début à la fin. C’était un partage de connaissance, de savoir-vivre, d’entraide qui avait le don de dresser les poils du lecteur. Une amitié si forte que plus les pages défilaient, plus on souhaitait arrêter le temps. Ils se sont parfaitement trouvés, c’est une évidence même. 

D’autant plus que ce roman aborde un thème qui m’a longtemps fait réfléchir au fil des pages : le fait de « donner sa vie ». La question de vie et de mort, toujours sans tabou avec un arrière goût d’humour noir qui vient nous remettre en question et en place. On a à faire à Jean qui a bien vécu et à Fred qui n’a rien eu le temps de comprendre qu’il a presque gâché sa vie. Comment rendre une thématique aussi forte qu’avec ces deux-là ? A la pêche, en voiture ou juste en train de dîner, ils transmettent des leçons si naturelles mais qui se perdent doucement. Les bienfaits de la campagne ont dépassés les mots. ( Bon, j’ai lu en ebook donc j’utilisais de la technologie, mais on va passer outre ce fait). Se parler, rien que se regarder, réfléchir ensemble, discuter en se regardant, des petites bagatelles qui sont néanmoins si importantes. 

Au final, c’est une leçon de positivité, de vie, cachée derrière un texte sombre, sanglant et presque que péjoratif, le tout caressé par une plume franche divisée en deux points de vue. Plusieurs passages du texte mettent le lecteur au défi, le confrontant à des moments de la vie que nous tentons d’éviter mais qui finira toujours par nous rattraper. La peur de vivre ? Celle de mourir ? Ce genre de pensées qui nous effleurent l’esprit se retrouvent devant notre nez avec un brin de noirceur qui se transforme en passage de pure réflexion à des allusions philosophiques lointaines. Fred est une touche d’humain véritable dans ce récit pendant que Jean est la raison,  mais les deux fument un cigare devant une fenêtre. Ce sont deux personnages qui se complètent et qui forment toute la beauté du roman, en plus des nombreuses critiques qui nous font rire un instant. Ce roman peut être dangereux pour les personnes qui rentrent trop facilement dans une histoire et qui s’y restent plongée du début à la fin ( comme moi ! ) 

Pour conclure, parce qu’il le faut, Immortel Ad Vitam fait parti des petits bijoux qu’il faut lire au moins deux fois ! Le début me semblait long mais une vague m’est tombée dessus quand je ne m’y attendais pas et il semblerait que j’ai été prise d’assaut jusqu’à la dernière ligne ! D’ailleurs, les remerciements cachent une petite touche d’humour qui m’a bien fait sourire quelques secondes ! Ainsi, que dire de plus qu’il faut vivre cette expérience pour mûrir en lisant et que je remercie l’auteure pour cette aventure.


Iza,
Chroniqueuse

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