dimanche 8 mars 2020

De Gaulle

De Gaulle : Photo Isabelle Carré, Lambert Wilson

DE GAULLE - GABRIEL LE BOMIN - NOTE : 3/5




De Gaulle : AfficheSortie le 4 mars 2020

Biopic, Guerre, Historique

Avec Lambert Wilson, Isabelle Carré, Olivier Gourmet


Public averti (scènes de nudité/sang)

"Mai 1940. La guerre s’intensifie, l’armée française s’effondre, les Allemands seront bientôt à Paris. La panique gagne le gouvernement qui envisage d’accepter la défaite. Un homme, Charles de Gaulle, fraîchement promu général, veut infléchir le cours de l’Histoire. Sa femme, Yvonne de Gaulle, est son premier soutien, mais très vite les évènements les séparent. Yvonne et ses enfants se lancent sur les routes de l’exode. Charles rejoint Londres. Il veut faire entendre une autre voix : celle de la Résistance."






Les biopics qui marchent en ce moment sont assez communs : autour d'un homme, autour d'un fait, sur un temps limité. De Gaulle ne déroge pas à la règle, mais pas que. Et quand on a un film qui s'appelle "De Gaulle", quel est le moment mis en avant dans le film ? 

Le film se déroule donc sur deux mois, avec des courts passages dans le passé pour montrer l'histoire avec leur fille atteinte de Trisomie 21 (mongolisme à l'époque), comment ils arrivent à vivre avec cette fille handicapée malgré la guerre, et surtout le manque d'information et d'aide sur ce handicap. Il y a aussi une part du film sur la fuite de la famille De Gaulle. Le film est globalement bien, mais je ressens tout de même cette lassitude typique des biopics sur 'un homme', un fait et un bout d'histoire (Le discours d'un roi, Les heures sombres, J'accuse, lmitation Game,...). Et quand certains s'en sortent avec une réalisation aux petits oignons et/ou des acteurs qui envoient du pâté, De Gaulle n'arrive pas à se surclasser dans cette catégorie là. D'abord, le film est trop lisse. De Gaulle est montré comme un homme bon sous tout rapport qui doit traiter avec des personnes opportunistes ou contre lui, et j'aurai aimé voir un peu de sombre, un peu d'ombre qui ne serait pas là pour refaire l'Histoire ou le tâcher, mais qui aurait pu le faire un peu plus 'homme' que sa fonction dans le film. Peut-être aussi que Christophe Lambert était un mauvais choix pour interpréter le grand Charles, c'est vrai que son jeu d'acteur était assez plat... le seul moment "ombrageux" que j'ai vu était quand il a reproché "en substance" le handicap de leurs filles à sa femme quand ils ont apprit la nouvelle. Pour le reste, c'est un super général comme on peut avoir dans l'imaginaire collectif. 

Après, le film suit fidèlement, du moins je le crois, la véritable histoire entre l'entrée au gouvernement du général, et le fameux discours le 18 juin, avec toute la politique et la diplomatie derrière tout cela. Mais au final, ce film est très court, 1h40 oui, mais on s'ennuie, on s'ennuie de voir le général essayer de marteler sa politique de guerre. On s'ennuie de voir la fuite de la famille De Gaulle et de voir l'exode des français sur les petites routes de campagne. On s'ennuie des discussions diplomatiques, on s'ennuie, on s'ennuie, jusqu'à la fin, quand le général sort de la salle d'enregistrement, et c'est la fin. Et je me surprend encore que c'est déjà fini, comme un arrière goût d'inachevé ou de film incomplet, avec juste des phrases pour m'expliquer la fin. Comme tous les autres biopics cités qui ne s'attellent que sur un fait marquant, et qui clôture le film juste après le fait accompli. Et le petit clin d’œil au début sur le fait qu'il fait un témoignage pour la radio, on le voit à des kilomètres... 

Pour conclure, De Gaulle est un bon biopic, mais je pense que vous pouvez attendre encore quelques mois qu'il sorte à la télévision, ou en Blu-ray si vraiment vous aimez les biopics. Mais honnêtement, ce film ne bouleversera pas votre vie cinématographique, peut-être que vous pourrez le voir pour ces moments avec sa fille, peut-être aussi que le film aurait pu prendre ce virage audacieux de plus montrer De Gaulle comme un père de famille malgré les responsabilités plutôt que LA personne qui a parlé ces quelques célèbres minutes ce 18 juin 1940.

Aurélien,
Chroniqueur




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