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samedi 14 octobre 2017

Autre-Monde : Malronce

AUTRE-MONDE, T2 : MALRONCE - MAXIME CHATTAM - NOTE : 3/5



Editions Le livre de Poche

Fantasy 

ISBN : 978-2-253-17358-8

Prix : 7€60 (format papier)

"Imaginez un monde où la nature a repris le pouvoir, où les adultes sont redevenus sauvages et les enfants se sont assemblés en bandes pour survivre, où chaque promenade est une expédition, chaque jour passé, un exploit. Un monde recouvert par un océan de forêts, peuplé de créatures fabuleuses, traversé de courants étranges, d’énergies nouvelles. Un monde nouveau où trois adolescents tentent de déjouer les pièges d’une mystérieuse reine, qui a juré leur perte : Malronce. 

Oubliez tout ce que vous savez… pénétrez dans Autre-Monde."



Amis lecteurs bonjour !

Il est temps pour moi vous présenter ma chronique sur le second tome de la série Autre-Monde de Maxime Chattam. Pour ceux qui n'auraient pas lu la première, je vous invite donc à la découvrir tout de suite, afin de ne louper aucun élément important. En outre, il peut être intéressant pour vous de voir l'évolution de ces chroniques au cours de la saga.

Alors, ce deuxième volume, que vaut-il ?
Bonne nouvelle, les aventures de Matt, Ambre et Tobias continuent, et elles sont cool !
Il est vraiment fort ce Chattam. D'une manière ou d'une autre, il arrive à nous embarquer dans son monde de sorte à ce que l'on ne veuille plus y sortir. Tout n'y est pas rose mais quand même, cet univers est excitant !  Etant moi même auteur de fantasy, je trouve que le plus difficile est de réussir à inventer des créatures, lieux et objets qui soient à la fois assez vagues afin de laisser l'imagination du lecteur oeuvrer, mais également assez précis pour le guider vers une représentation correcte et pour que ceux-ci paraissent vraisemblables. Chattam maîtrise cette nuance, aux frontières du réel.


La qualité de l'ouvrage en lui-même ma légèrement déçu en comparaison avec le premier tome. Les "coquilles" que je mentionnais dans ma précédente chronique sont plus nombreuses. Rien de dramatique, mais juste assez pour que je le remarque. J'ai eu l'impression en fait que la relecture/correction de ce volet a été faite dans la précipitation. Au-delà des quelques fautes (que l'on pourrait trouver dans n'importe quel autre livre, sauf un dictionnaire), le choix des mots est parfois bancal. Il utilise certaines tournures de phrases qui ne collent pas à la tendance générale de la scène. Je pense à quelques scènes prenantes, dans lesquels l'insouciance et l'innocence des jeunes héros est exagérée.

Et puis il y a ces envolées lyriques... Ah la la, sacré Chattam... Je ne saurais vous dire pourquoi, mais notre auteur semble être atteint de ce que j'appellerai une "tourette-poétique". En effet, à certains moments, il s'élance dans de longues descriptions farfelues, des arabesques musicales, des déconstructions cristallines, des jérémiades rocambolesques, bref, vous m'avez compris. Et cela sans que ce ne soit justifié. Je pense qu'il essaye de nous présenter ses paysages du point de vue d'un enfant/ado (évitons les foudres de la jeunesse). Néanmoins, sans dénigrer l'intelligence et la créativité des bambins, le vocabulaire présent ne correspond pas à celui qui pourrait être utilisé par nos héros.

Parlons scénario maintenant. Là aussi, deux petites choses qui m'ont laissé perplexe.
La première étant selon moi quelque chose d'assez conséquent. Je ne peux expliquer cette chose sans vous dévoiler certains éléments de l'histoire. Si vous ne voulez pas être spoilé, je vous invite à sauter le paragraphe suivant (en italique).

À un certain moment, notre jeune héroïne, Ambre, est forcée de se sacrifier d'une certaine manière pour sauver Matt. L'auteur nous laisse imaginer cette scène comme un viol, et on apprendra vers la fin qu'il s'agissait "simplement" d'une mise à nue. Qu'importe la gravité des faits, l'un et l'autre sont pour moi une agression sexuelle. Rappelons maintenant qu'Ambre n'a que quinze ans. Le problème avec cette scène, c'est qu'elle est décrite sur une page et demi seulement. Je ne parle pas de l'acte uniquement, je parle de l'impact psychologique sur le personnage d'Ambre et de Tobias, qui a assisté indirectement à la scène. Au bout de ces quelques lignes, Ambre redevient quasiment "normale" comme si rien ne s'était passé. Aucune souffrance intérieure n'est mentionnée, aucun mauvais sentiment, rien, si ce n'est sa vengeance bien plus tard. Tobias en vient même à discuter avec l'agresseur comme de bons amis. Je n'ai rien contre l'incorporation de tels sujets dans un roman, mais il faut savoir les manier avec délicatesse et précautions. En bref, ce passage m'a vraiment déçu.

Voilà, j'en ai fini avec les spoilers, vous pouvez rouvrir les yeux ! Concernant mon deuxième couac, il s'agit d'une (possible) incohérence scénaristique. Explications (sans spoilers) !
Le grand méchant loup de l'histoire possède un dessin d'un plan qui lui permet d'atteindre quelque chose qu'il désire par-dessus tout. Ce dessin est la partie manquante d'une carte qu'il a aussi en sa possession. Mais pour y parvenir, il doit trouver le plan lui-même possédé par un enfant et vérifier qu'il s'agit du bon plan en le comparant avec son dessin. Une fois l'enfant en sa position, il pourra s'en servir pour compléter sa carte. Donc il décide de capturer tous les enfants du monde pour retrouver "l'élu". Les autres sont... bon ok, léger spoiler mais qui n'en est pas un parce que c'est pas tout à fait ça... Les autres sont tués. Pour ce qui n'aurait pas encore compris ce qui ne va pas, je vous invite à relire la première phrase de ce paragraphe. "Il possède un dessin, qu'il compare avec ce que possède l'enfant pour compléter sa carte"... Mais s'il possède déjà ce dessin, POURQUOI NE COMPLÈTE-T-IL PAS SA CARTE DIRECTEMENT AU LIEU DE ZIGOUILLER TOUT LE MONDE !!!

Mon hypothèse, à la fin de ce deuxième tome, c'est que cela facilite bien le scénario... J'ose espérer qu'une explication sera fournie dans le troisième livre. Je ne peux me résoudre à penser que Chattam puisse avoir fait une bourde aussi grosse que celle-ci.

Et parce que je n'aime ni le sarcasme, ni les fins en queue de poisson, laissez-moi vous dire qu'on verra tout cela dans le troisième roman de la saga...

Allez, a très vite !

Votre Chroniqueur : 




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