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mercredi 22 février 2017

B.R.P : Filles Invisibles-Hardcore

B.R.P : FILLES INVISIBLES/HARDCORE- SASHA MORANGE – NOTE : 3,5/5


Éditions France Loisirs/SW Télémaque         
              
Policier

ISBN : 9782298089325

Prix : Environ 9€/format papier

« Une jeune chinoise, serveuse au Blue Moon, club de striptease, vient signaler la disparation de sa sœur à la B.R.P. Du moins, c’est ce qu’elle prétend… Car elle s’enfuit et le cadavre d’une femme qui porte son nom est retrouvé peu de temps après. Qui était-elle ? A-t-elle un lien avec la découverte macabre de morceaux de femmes d’origines asiatique dans un squat du XIIIe arrondissement ?

Une perquisition de routine chez un homme politique pour des raisons fiscales tourne à la chasse à l’homme. Et pour cause : l’élu visionnait dans son bureau un film révoltant, même aux yeux des flics les plus aguerris de la B.R.P. Cette affaire de snuff movies, ces crimes filmés « pour de vrai », plonge le groupe Cabaret dans une enquête dont les ramifications dépassent largement les frontières. Y compris celle de l’insoutenable. »

Oui, deux résumés pour ce livre, c’est ce qui d’ailleurs m’a fait le choisir ! Nous avons une première affaire et une seconde, lesquelles se différencient totalement…

Dans la première, nous découvrons en tout premier ce qu’est la B.R.P. Traduction : La Brigade de Répression du Proxénétisme, une unité rompue à la lutte contre la prostitution et la traite des êtres humains. Une Brigade consacrée, autrement dit, à toutes les horreurs qui peuvent être commises dans l’odieux commerce du sexe.

Tout commence alors lorsque des membres découpés de jeunes femmes sont retrouvés dans un appartement miteux, tandis qu’au même moment à la B.R.P, la jeune Liwen Lin vient signaler la disparition de sa sœur au chef du groupe Cabaret, Julien Shrapnel. Ce qui devait être une « banale » affaire de proxénétisme devient soudain un trafic d’êtres humains, dirigés par la mafia chinoise, prête à tout pour faire disparaître les preuves de leur crime. Une enquête qui tombe au mauvais moment et pourrait bien ruiner l’entente entre la Chine et la France…


Bien que l’histoire m’ait plu, même si je dois avouer que certains passages sont plutôt crus et démontrent à quel point ce travail est loin d’être sympathique, pour rester polie, cette enquête se concentre surtout sur la présentation des personnages. Pendant que l’affaire avance, on entre plus précisément dans la tête des personnages. Julien Shrapnel, dit le Scud pour ses prouesses au lit et son anatomie… gâtée par la nature, est le type de flic sarcastique et détaché auquel on s’attache assez vite. L’auteur le définit comme un électron libre, un chef efficace mais toujours tenté par les vices qui entourent son travail. En effet, le Scud est un accro au sexe. Plutôt ironique, non ? Il n’est ni violent, ni sadique ou tordu, et protège même les prostituées qui l’apprécient et le comprennent. Cela dit, la tentation de ce plaisir facile toujours à porter de mains est alléchant pour le Scud, même s’il en profite que très rarement. Son truc, c’est les aventures d’un soir, surtout après le fiasco qu’a été son mariage, sa vie de couple, et l’éducation de sa fille. Il est beau, talentueux au lit, en profite et fait plus que bien son travail.

Ensuite, nous avons Lor Feuerbach, ex prostituée dans le milieu SM, qui grâce à Julien, a pu s’en sortir et veut à présent devenir flic. Ses compétences en informatique sont d’autant plus précieuses pour le groupe Cabaret, qui compte vraiment sur elle et ses relations. Et qui n’hésite pas non plus à se servir de son expérience pour obtenir des informations… Certaines scènes m’ont quand même chagrinée, je dois dire. Lor est une femme qui a réussi à quitter le milieu de la prostitution, mais cela ne la dérange pas de continuer à vendre son corps. Certes c’est pour aider l’enquête, cependant par moment, on a du mal à la comprendre. Ou bien, j’ai eu du mal à comprendre comment, même pour la bonne cause, on peut accepter de se faire « souiller » par le pire des individus. Les réactions de ce personnage m’ont parfois fait tiquer, vous l’aurez compris.

Et enfin, Mathieu Le Deuff, le flic qui a failli devenir prêtre pour finalement chercher à rendre la justice. J’ai aimé son personnage, il apporte une touche d’humanité à ces histoires très dures.
J’ai apprécié cette première histoire, même si l’auteur a fait passer en premier ses personnages. Et surtout, nous n’en apprenons pas plus sur la relation entre Julien et sa fille, ni dans cette enquête, ni dans l’autre, c’est un peu dommage.

Pour la seconde partie du livre… Là, je vous préviens que si vous êtes plutôt sensibles, cette lecture n’est pas faite pour vous. Lorsqu’un film sordide atterrit chez la B.R.P, une enquête est lancée pour arrêter au plus vite les criminels, ce qui va mener le trio à travailler avec les agents du FBI. « Spoils » Pour plus d’infos sur le film horrible, il est question de pédophilie violente suivie de l’exécution des victimes par arme blanche. « Spoils ».

J’ai trouvé ça sympa que Julien et ses acolytes voyagent jusqu’au États-Unis, même si l’utilité de ce voyage ne sert pas à grand-chose, juste à ramener trois agents du FBI en France. Bon, l’enquête est assez courte, du coup l’auteur ne s’attache pas trop à nous représenter les nouveaux ou anciens personnages. Tout est centré sur cette affaire répugnante, qui vous fera grimacer plus d’une fois. Si vous avez une bonne imagination, cette lecture peut s’avérer un peu choquante. Surtout si l’on en croit l’introduction, qui dit que ces enquêtes ont été relues par un officier de la BRP et reflètent le monde actuel et ses dérives… Oh my God ! comme dirait l’agent Torpe du FBI. Malgré l’horreur de cette histoire, elle en reste prenante et très triste. La seule chose que j’ai trouvé cliché, c’est l’image qu’à donner l’auteur aux agents français et américains. Julien ne peut s’empêcher une fois de plus de sauter sur tout ce qui bouge, et comme là, sa personnalité est moins sombre, moins définie, on le prend surtout pour un accro au sexe arrogant. Et comme les français sont connus pour être des obsédés, hein… Pour Lor, même constat : elle va prouver à un des agents du FBI que le talent français ne concerne pas que la cuisine. Ce n’était pas horrible à lire, mais un peu exagéré. À l’inverse, les américains sont plutôt coincés, habitués à leurs procédures, tandis que les français, et Julien surtout, deviennent les héros tête de mule prêts à agir même quand il faudrait attendre des ordres. Mathieu, est quant à lui plus effacé.

J’ai deviné assez vite qui était le traître mais, on est tellement pris dans l’histoire que les pages défilent vite pour savoir si l’odieux criminel va recevoir la punition qu’il mérite.

En conclusion, j’ai trouvé ce livre très dur, bien qu’il permette aussi aux lecteurs de découvrir à quel point notre monde est dangereux, tordu et qu’il y a des gens qui travaillent sans relâche pour traquer toutes ces menaces. Une lecture intéressante. Il me semble qu'il y a plusieurs autres tomes, peut-être que je me laisserais tenter !


La petite info de plus : Sasha Morange est le pseudonyme d’un collectif d’auteurs tous issus du polar, rompus à l’exercice de l’écriture scénaristique de séries littéraires et audiovisuelles, et d’officiers de la B.R.P.


Votre Chroniqueuse : 


2 commentaires:

  1. Ah il a l'air vraiment intéressant celui là. Je pense qu'il pourrait me plaire.
    Si j'ai bien compris le livre est écrit par plusieurs personnes c'est ça ?

    Pour la disparue de Colliton park en faite tu as le passé juste au début, ensuite dans le roman il n'y a que de petit rappel, ils essaye de résoudre une enquête qui s'est passé il y a plusieurs années. Il n'y a pas de scène de passé dans tout le roman, juste au début. Mais en tout cas je te le conseille sans hésiter :)

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    1. Oui c'est ça ^^ Il est vraiment pas mal !

      Oui le passé sert d'intrigue mais après le but c'est de régler cette enquête ! Oui en effet le résumé m'a bien tenté, ainsi que ta chronique !

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