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mercredi 5 octobre 2016

Le Goût du Bonheur

LE GOUT DU BONHEUR, TOME 1 : GABRIELLE - MARIE LABERGE - NOTE : 4/5


Edition Pocket

Saga familiale, Historique, Romance, Drame

ISBN : 226616760X

Prix : 9€30

"Dans leur résidence estivale de l'île d'Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l'image de l'harmonie et de l'aisance. La crise des années trente les a épargnés. Chez eux, le goût du bonheur l'emporte sur les conventions et les préjugés d'une société paroissiale et étouffante. Comblée par son mari, Gabrielle aspire à encore plus de liberté. La tendre et violente Adélaïde, sa fille, est déchirée entre son affection pour le jeune Florent et sa passion pour l'irlandais Nic McNally. Alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s'annoncent des orages du cœur... "



Gare à vous, si vous commencez ce roman. Le risque d’addiction est très élevé. 

Avec Gabrielle, nous entrons dans le quotidien d’un couple et d’une famille vivant au Québec au début des années 20. Ce roman porte pour titre le prénom de la mère de cette famille. 

L’ouvrage a deux points forts. Tout d’abord; ses personnages sont une vraie réussite. Les principaux comme les secondaires et quand on commence une saga qui va se dérouler sur trois tomes de plus de 800 pages on a, en effet, intérêt à soigner les protagonistes de son récit.

Gabrielle, par exemple, pourrait être crispante tant elle apparait comme parfaite dans son rôle de mère de famille heureuse et mariée à l’homme qu’elle aime, mais on la découvre bien vite en but à la société qui ne comprend pas son mariage, en conflit avec ses sœurs, et en proie au doute dans la relation avec sa foi. Avoir pour personnage principal une personnalité comme Gabrielle permet à l’autrice de s’intéresser à la place de la femme dans la société du début du XXe siècle. Et il faut bien avouer qu’on a parfois plutôt l’impression d’être au XIXe surtout dans la prédominance de l’Eglise et son incursion dans la vie de ses paroissiens. 

Si Gabrielle est passionnante, elle ne serait rien sans les autres personnages qui l’entoure. Edward, son mari, fou amoureux, assez moderne que pour envisager une certaine liberté accordée à son épouse et conscient des limites auxquelles les femmes sont en but, nettement plus borné sur d’autres points. Germaine, la sœur célibataire un peu grognon, un peu trop conventionnelle, mais avec le cœur a la bonne place. Nic, l’ami d’Edward qui n’a d’yeux que pour Gabrielle, et un paquet d’ennuis personnels. Les enfants, Adélaïde en tête. Cette dernière nous promet encore de délicieuses heures de lectures en perspective. Tout ce petit monde pourrait être caricatural de bonheur, mais Marie Laberge parvient à leur insuffler assez de vérités et d’épreuves pour que ce ne soit pas le cas. Ce qui bat derrière toutes ses vies qui s’entrecroisent c’est la passion sous le masque des conventions. Passion amoureuse, indiscutable, entre-Edward et Gabrielle mais passion pour la vie tout court 

Le tout est servi par une langue savoureuse à lire. Le récit est émaillé de terme quebecquois. Un lexique est disponible à la fin de l’ouvrage, mais je vous rassure il n’est pas nécessaire de s’y référer car tout se comprend très bien avec le contexte. 

En conclusion, si vous avez envie de vous évadez, voici un roman tout trouvé.

Votre Chroniqueuse : 



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