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samedi 9 avril 2016

Tout est une question de point de vue !

L'importance du point de vue


Nombreux sont les auteurs qui hésitent longuement sur le point de vue du narrateur avant de commencer leur livre. Pour ma part, j'utilise même une méthode un peu étrange : je commence mon écrit à la première personne du singulier, car j'ai l'impression que les mots me viennent plus facilement puis, dès qu'une page entière est bien remplie, je repasse à "il" ou "elle". Cela dit, pourquoi tant d'hésitation finalement ?

Tout d'abord, petit rappel (définitions trouvées)


Le point de vue omniscient

Le narrateur sait tout. Il connaît non seulement le passé, les sentiments et les pensées des personnages mais révèle parfois leur avenir. Il peut aussi dévoiler ce qu’ils ignorent eux-mêmes. Dans le récit il ordonne ces informations afin de produire divers effets sur le lecteur.

Le point de vue interne

Le narrateur perçoit la scène à travers un personnage. Ce qu’il connaît de l’histoire se limite à ce que celui-ci voit, entend ou sent. Il est au courant du passé, du présent du personnage, il entre parfois dans sa conscience.

Le point de vue externe
Le narrateur raconte l’histoire en restant un simple observateur. Il ne nous apporte que des informations sur le comportement extérieur des personnages donc ne nous transmet pas leurs pensées.
Bien sûr, il existe aussi l'alternance des points de vues, tout dépend comment l'auteur a organisé son histoire et les informations qu'il veut délivrer ou non.

Pour simplifier  


Dans la plupart des cas, cela se limite globalement (j'ai bien dit globalement !) au choix entre "je" et "il/elle". Il vous faut donc choisir la relation que vous voulez établir avec vos personnages.

Dans le cas de la troisième personne
, c'est la façon la plus simple de décrire vos personnages, leurs actions, leur sentiments, etc. Mais vous devez quand même établir vos propres règles pour ne pas perdre le lecteur : votre narrateur est-il omniscient, donne-t-il des informations que le protagoniste principal ne sait pas ? Dans ce cas, il permet souvent de poser plus précisément l'intrigue, de laisser planer les mystères. Toutefois, cela peut aussi frustré le lecteur qui, avertit de certains évènements à l'avance, s’ennuiera de devoir lire ce qu'il a compris et prévu. A l'inverse, un narrateur qui n'en sait pas plus délivre les informations au fur et à mesure que les personnages le découvrent. Ensuite, votre narrateur est-il objectif ou s'implique-t-il dans l'histoire en donnant son avis ? 

Dans le premier cas, aucun acte, choix ou réplique ne doit le faire réagir, il ne peut pas sermonner un personnage sur son attitude. Cela permet souvent au lecteur de se faire une propre opinion, mais peut aussi le guider sur la mauvaise voie. Exemple, vous avez créer un personnage sarcastique, froid et sans morale. Pourtant, vous l'aimez ce type et vous voulez que le lecteur l'apprécie tout autant, car il a ses raisons d'être ainsi. Si vous partez du principe que votre narrateur ne doit pas imposer son avis, chaque personne se fera une opinion différente de votre protagoniste. Certains trouveront justifier sa rancœur, d'autres le critiqueront. En revanche, si le narrateur intervient de temps en temps pour souffler au lecteur que finalement, il n'est pas si mauvais que ça ce gars, on pourra peut-être mieux comprendre le héros de votre histoire. Même si ça ne marche pas à tout les coups ! Parfois, le courant ne passera pas entre votre personnage et le lecteur et malgré toute les précisions que vous donnerez pour justifier son comportement, rien n'y changera.

Ce qui est tout de même assez pratique avec un narrateur à la troisième personne, c'est que presque tout est permis. A mes yeux, c'est la façon la plus agréable d'écrire pour un auteur.

Dans le cas du récit écrit à la première personne
, tout est différent pour le lecteur. En premier, il n'a que l'avis du personnage principal et si celui-ci ne plaît pas à la personne qui lit... Gros problème. C'est ce qui m'est arrivé avec la saga littéraire Divergente. L'univers n'était pas mauvais mais la personnalité de l’héroïne ne me plaisait pas, je ne comprenais pas ses réactions et pour moi, l'histoire était trop limitée à cause d'elle. Je voulais en savoir plus, avoir l'avis de d'autres personnages et mieux les comprendre. Autrement dit, en écrivant à "je", vous prenez le risque de limiter votre écrit à l'opinion de votre protagoniste principal. C'est pourquoi il vous faut élargir son champ de vision, trouvez une méthode plutôt maligne pour que le lecteur ne se sente pas limiter dans la vision de votre univers. Bien sûr, on ne peut pas plaire à tout le monde et on se doit d'écrire avant tout ce qui nous tient à cœur ! Cependant, l'avantage avec un récit écrit à "je" est que le lecteur se sent bien plus proche du personnage qui raconte l'histoire. Ses émotions, ses pensées, les conséquences de ses actes, tout est décrit comme s'il vous le racontez personnellement à vous. Je trouve que c'est un détail important que l'on ne retrouve pas autant avec l'autre style de narration. Essayez donc, même si c'est difficile, de donner le plus d'informations possibles tout en laissant aussi une réelle place aux personnages secondaires.


Que choisir, alors ?

 

Tout simplement, choisissez le point de vue qui vous paraît le plus simple. Inutile de vous compliquer si c'est votre premier écrit. On innove pas quand on est débutant, mais plus tard, quand vous maîtriserez parfaitement un des deux... Pourquoi pas ne pas se compliquer la tâche ? Pour ma part, écrire à "je" est pour moi trop compliqué et me donne l'impression d'être enfermée dans la tête d'un seul personnage. Toutefois, certains préfèrent s'immerger justement dans cette "tête" et font des merveilles ! L'important est de bien situer votre narrateur, et d'être le plus clair possible si vous alternez avec les points de vues !


 


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