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mercredi 13 janvier 2016

LE NOM DE LA ROSE

LE NOM DE LA ROSE - UMBERTO ECO - NOTE : 5/5

Edition : France Loisirs

Policier, Historique

« Une abbaye bénédictine entre Provence et Ligurie, en 1327. Rien ne va plus alors dans la chrétienté. Le pape est en Avignon pour défendre son pouvoir temporel et abreuver sa soif de richesses. L’empereur d’Allemagne étend son règne sur l’Italie et, avec lui, les théologiens impériaux taxent le pape d’hérésiarque simoniaque et l’appellent la « Putain d’Avignon ». Rebelles à toute autorité, des bandes d’hérétiques sillonnent le royaume et servent à leur insu le jeu impitoyable des pouvoirs. En arrivant à l’abbaye, l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire Adso de Melk, se voit prié par l’Abbé de découvrir au plus vite qui a poussé un des moines  à se fracasser les os au pied des vénérables murailles. C’est le premier des sept assassinats qui seront scandés par les heures canoniales de la vie monastique, danse de mort autour d’une bibliothèque interdite d’où se feront entendre les sept trompettes de l’Apocalypse, le rictus du Diable et le rire d’Aristote… »

Aimant (beaucoup !) le film de Jean-Jacques Annaud, j’étais curieuse de découvrir l’œuvre original du Nom de la Rose. Et je suis loin d’en être déçue !

Le Nom de la Rose est un roman à la fois policier, savant, qui ose aussi nous montrer comment par la déraison la liberté et la sagesse peuvent être menacées.


Menée par un véritable Sherlock Homes du Moyen-âge, on suit cette enquête en découvrant avec horreur comment l’Église a pu dériver à cette époque. Affrontement entre papauté et royauté, une série de meurtres sème l’effroi dans une abbaye reculée. Serait-ce l’œuvre d’hérétiques, servants de Satan qui annoncent l’Apocalypse ? Ou bien le meurtrier tiendrait-il à dissimuler quelque chose d’important, que les moines ne devraient découvrir ?

Pendant ce temps, l’Église se déchire, le pape s’étant réfugié en Avignon pour profiter de ses richesses. Mais les ecclésiastes devraient-ils posséder des biens alors que le Christ semblait, à l’inverse, pauvre, mendiant ? Les moines ont-ils le droit de rire, alors que jamais il n’a été dit que le Christ avait ri une seule fois ? Les avis divergent et provoquent un grand trouble que, Guillaume et son jeune moine, Adso, vont tenter de comprendre pour dénicher l’assassin.

Homosexualité, abus de pouvoir, Inquisition, amour ; beaucoup de thèmes sont abordés et mélangés dans ce livre d’une très grande qualité. L’auteur montre les qualités et les défauts de l’Église, prouvant à quel point l’Homme est le seul responsable des massacres, et non la religion en elle-même.

J’ai beaucoup aimé cette « question du rire » et de tout ce qui semblait hérétique, inacceptable, et déplacé à l’époque pour certains religieux. Le moine n’a d’autre plaisir que la lecture en ces temps, mais pourrait-il tomber dans l’arrogance, l’avidité, en se concentrant sur son intellectuel ? En voulant découvrir toujours de nouveaux écrits, des révélations qui l’élèveraient spirituellement, et hiérarchiquement, au-dessus des autres ? A quoi serait-il prêt pour ce pouvoir qu’est le savoir ? Au meurtre ? Le rire était-il une réaction humaine condamnable, car elle tourne en dérision tout ce qui le provoque ?

Avec intelligence, l’auteur nous livre des réponses au travers de ses deux personnages principaux. J’ai apprécié la sagesse, teintée d’arrogance parfois, de frère Guillaume, et l’innocence mêlée de curiosité du jeune Adso. Une jeune moine qui tombera malgré lui dans ce terrible fléau qu’est l’amour terrestre. Que pourrait-il advenir de lui si la femme qu’il aime, malgré ses sacrements, était condamnée par erreur pour sorcellerie ? Ados, épris de sa belle dont il n’aura profité que d’une nuit  à ses côtés, est touchant et juste dans sa considération pour la femme qui à l’époque, ne s’apparentait qu’à une vile créature tentatrice pour les moines. L’Inquisition faisait des ravages à cette époque, et les inquisiteurs, comme l’était autrefois Guillaume, avaient l’art et la manière de détourner vos propos pour vous rendre coupable de n’importe quel crime. Et peu importe s’il fallait vous torturer au passage…


Le dénouement est surprenant et on félicite l’auteur pour avoir mené cette enquête religieuse avec tant de suspense ! J’avertis tout de même, le style d’écriture est un peu vieux (beaucoup de descriptions) et l’auteur a souvent laissé des dialogues en latin (j’ai beau avoir appris un peu cette langue morte, c’est très dur parfois de s’y retrouver !), donc il faut apprécier ! 

2 commentaires:

  1. Je ne connaissais ni le film ni le livre.
    par contre je suis pas très fan des policiers qui mêle aussi historique....

    Après c'est surtout que moi j'aime quand il y en a beaucoup (pas trop trop non plus mais assez pour qu'on s'imagine vraiment les choses) et là il n'y en a presque pas...
    Mais il parait que tout le roman de Truman Capote sont comme ça donc bon...

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  2. Ah moi si, je trouve qu'il y a beaucoup de descriptions sur les enquêtes de l'époque du coup ^^ Chacun ses goûts évidemment :)

    Ouais, il a une écriture qui est simplifié, du genre "je m'embête pas trop avec les descriptions, c'est trop longs" x)

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