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mercredi 21 octobre 2015

Donner vie à ses personnages !

Aidez les futurs auteurs étant une occupation qui me tient à cœur (après écrire mon propre livre, bien sûr), je vous propose aujourd’hui de vous aidez à créer vos personnages !



Si vous avez lu mes précédents articles, vous savez déjà que des personnages stéréotypés et sans profondeurs ne plaisent pas aux éditeurs. Mais comment éviter les clichés ?

Notre propre vie forge nos personnages

Il est souvent courant avec les jeunes auteurs que leurs personnalités fassent partie intégrante de leur personnage principal. L’envie d’écrire arrive souvent avec l’envie de vivre des choses plus exaltantes, et nous avons tendance à nous identifier à notre héros/héroïne principal(e). Après tout,  on en apprend plus sur un auteur en lisant son livre plutôt qu’en le questionnant ! Tôt ou tard, nous incluons une réflexion, une leçon de vie, ou un commentaire qui nous correspond, c’est forcé. Mais sachez vous détacher de votre personnage pour le rendre unique ! Sinon, vos proches vont vous reprocher d’avoir fait un portrait craché de vous ! Plus sérieusement, il est préférable d’utiliser d’autres méthodes, comme celles-ci.

Observez les autres, cherchez des idées dans votre entourage


Le langage

Si votre personnage, par exemple, est une personne âgée, il serait judicieux de côtoyer des gens d’une génération différente de la vôtre. Ainsi, vous pourrez en apprendre davantage sur un monde qui vous est totalement inconnu. A l’inverse, si votre héros est un adolescent, parlez à des jeunes pour connaître leur langage et, de cette manière, vos personnages seront plus vraisemblables. Car l’éditeur détectera assez vite les anomalies d’un personnage dont la personnalité ne correspond pas avec son âge. Par exemple, je tique assez souvent sur les romans où certains adolescents possèdent un dialogue bien trop mûr ! Attention, je ne dis pas de transformer votre héros en racaille tout juste capable d’aligner deux mots correctement ! Mais tâchez de donner du réalisme à vos personnages et, après la description physique, le dialogue est ce qui les définit le mieux.

La description

L’être humain est capable de milliers d’expressions, c’est pourquoi il est important que votre personnage ne soit pas une statue impassible ! La joie, la peur, la tristesse, toutes ses émotions ne sont pas vécues de la même manière par chacun, il est donc utile de prendre des notes de temps en temps pour vous en servir plus tard. Vous vous apercevrez alors qu’en fonction du sexe ou de l’âge, les gens ne réagissent pas  pareil. Froncement de sourcils, soupir, raclement de gorge, tics, haussement d’épaules, sanglots, mâchoires crispées : notre corps exprime à lui seul ce que nous pensons ! Insistez sur les gestes de vos personnages, donnez-lui vie à travers son comportement. Ses pensées doivent se retranscrire sur son visage et, même son impassibilité doit être la conséquence d’un événement dans votre roman. Bien sûr, vous ne devez pas assommé le lecteur de détails inutiles. Soyez brefs, mais précis.

Les pensées, les actes

De même, les pensées et les actes de vos personnages doivent être logiques et, s’ils ne le sont pas, vous devez l’expliquer. Une personne un jour m’a dit que le lecteur, on doit le tenir par la main, tout lui expliquer, lui indiquer et ce même quand votre roman possède beaucoup de mystères ! Pourquoi ? Parce que même le mystère doit être justifié, tout doit être logique. Exemple, j’ai lu il n’y pas si longtemps un roman pour un comité de lecture et,  hélas, les personnages ne m’ont pas convaincue. L’héroïne était lancée dans une quête sans aucune motivation, je ne comprenais pas ses objectifs, ses émotions étaient placides, l’histoire s’enchaînait sans réel but. Pour qu’il y ait eu un but, il aurait fallu que l’auteur donne plus de profondeur à son personnage, qu’elle la rende plus vivante et justifie ses réactions.

Vous devez donc rendre les agissements de vos personnages réalistes. Bien sûr, si c’est un tueur en série, il est normal que ses agissements ne soient pas logiques, mais vous l’expliquez en précisant que c’est un psychopathe. Que sa vision du monde est différente, qu’il déteste certaines choses, etc.… Sans ennuyer le lecteur, et en distillant des informations tout au long de l’écriture, vous vous devez de travailler vos personnages : sur le physique et le psychique. Rendez-le original par ses réactions, attachant par sa tendresse, sa tristesse, ou même sa folie ! L’essentiel étant de le rendre comme vous et moi : vivants.

Désir et réalité

Comme vous aussi, vos personnages doivent avoir des désirs. C’est ce qui créera des péripéties dans votre roman ! Trouvez alors ce que votre personnage a envie : d’amour, d’argent, de partager sa douleur, de posséder une famille, de retrouver la mémoire, de guérir, de partir à la recherche d’un objet précieux, de débusquer un meurtrier… Des milliers d’exemples s’offrent à vous en fonction du genre de votre roman ! Vous devez cependant garder en tête que vos personnages perdront de leur intérêt s’ils obtiennent tout trop vite. Le lecteur aime les péripéties. Si vous lui livrez une banale histoire d’amour où tout se déroule à merveille, le lecteur décrochera assez vite. Ou il vous en voudra de l’avoir fait attendre un peu de rebondissements pour rien ! Il vous faut créer des péripéties concrètes à vos personnages, capable de séduire, de donner envie de poursuivre la lecture !

Les piliers d’une bonne histoire ne tiennent donc qu’à vos personnages !



La suite : Créer une histoire complète 

4 commentaires:

  1. C'est vrai que ce que l'on retient principalement d'une histoire, ce sont ses personnages. Il doivent être intéressants et susciter l'intérêt et l'émotion, sans quoi, dans la plupart des cas, l'histoire ne marchera pas.Tu parles à juste titre de la passivité, qui doit être évitée (ce qui n'est pas toujours aussi simple), et c'est très vrai : un personnage qui s'en fout, ça donne un lecteur qui s'en fout (hors peut-être quelques récits d'horreur...)

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    1. En contre point, je me souviens de quelques protagonistes genre anti-héro qui s'en foutent… Et pourtant l'histoire n'en pâtit absolument pas. L'exemple le plus flagrant qui me vient à l'esprit serait le manga X de clamp ou le personnage principal en gros aurait la possibilité d'empêcher l'apocalypse… Et dans un esprit strictement nihiliste, il en a strictement rien à secouer. C'est ce qui donne la tension dramatique dans toute la première partie. Le monde pourrait être sauvé, mais le gars qui est censé mener les gentils préfère tout laisser s'écrouler. La passivité dans ce cas là servait de moteur à l'action.

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    2. Dans X (j'ai vu l'anime, du coup ça change peut-être) il n'est pas directement engagée dans la lutte qui se joue, mais il réagit très fort quand ça devient personnel. Sans compter que le côté "je m'en fous" est plus une façade que la réalité, c'est une peur de souffrir et non juste de l'indifférence. Mais je ne veux pas dire qu'un perso doit être motivé pour aller dans le sens de l'intrigue: ça peut juste être l'argent, des vices ou je ne sais. Mais s'il est mollasson, bon...

      Après, j'ai lu un article intéressant sur la structure nippone des histoires, où le conflit ne conduit pas forcément le récit. On peut avoir des personnages qui ont juste envie de mener une vie normale, mais les événements s'acharnent contre eux. Je sais plus le nom, mais c'était une perspective intéressante.

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    3. Eh bien, mon article suscite des avis différents ! En effet, je pense que l'on peut avoir un personnage qui se fout un peu de ce qui se passe (je ne connais pas le manga dont vous parlez ! :P), mais il y a toujours une justification derrière. Du moins, je préfère une personnalité justifiée, mais ce n'est qu'une question de goût bien sûr !

      Merci pour vos réactions en tout cas !

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