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mardi 18 août 2015

Petit traité de vie intérieure

PETIT TRAITE DE VIE INTERIEURE - FREDERIC LENOIR - NOTE : 3,5/5

Edition Plon
Philosophie, Psychologie 



"De tous mes livres de philosophie et de spiritualité, celui-ci est certainement le plus accessible, mais sans doute aussi le plus utile. Car ce n'est pas un savoir théorique que je cherche à transmettre, mais une connaissance pratique, la plus essentielle qui soit : comment mener une vie bonne, heureuse, en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce que je dis ici avec des mots simples et des exemples concrets, comme au cours d'une conversation avec un ami, est le fruit de trente années de recherches et d'expériences. Mon témoignage personnel importerait peu s'il n'était éclairé par la pensée des philosophes et des sages de l'humanité qui ont marqué ma vie : le Bouddha, Confucius, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Jésus, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas parmi d'autres. Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est passer de l'ignorance à la connaissance, de la peur à l'amour.

Ce qui est agréable dans ce livre, c’est d’aborder la notion de spiritualité à travers les époques et les religions.
L’auteur reconnaît que le maître spirituel s’incarne tout aussi bien en Socrate, Bouddha ou Jésus et qu’ils recommandent tous les mêmes principes de vie dans leurs écrits. Ainsi on peut apprendre à mener une existence heureuse avec les choses les plus simples.

L’auteur a été éveillé aux questions philosophiques par Platon, puis par Bouddha, avant son choc mystique, comme il le cite, avec les Évangiles. « En lien avec le Christ ». Finalement, on peut croire que cette révélation n’est pas seulement due à une religion, mais à une recherche d’amour fort et puissant qui éblouira notre quotidien.

J’ai apprécié sa version moderne de la chrétienté ; du fait que l’on peut être chrétien sans être en accord avec l’avis de l’Église, et ses actes. Que l’on soit catholique, bouddhiste et autres, il en existera toujours des bons et mauvais représentants. Pourtant, cela ne veut pas dire que cette religion, ou ce principe de vie sont mauvais, mais il ne faut pas oublier que tout est fait ainsi : de bien et de mal. C’est comme consulter un mauvais médecin. Lui, est incompétent, mais la médecine ne l’est pas, et l’erreur provient de sa mauvaise utilisation.

Frédéric LENOIR conseille donc un certain discernement, de croire, pas d’être naïf et suivre bêtement sans saisir. Sinon, quelle spiritualité y gagnerons-nous en ne comprenant pas la base de ce que nous sommes, de ce en quoi nous croyons ?  Il y a donc une recherche de soi à faire permanente, des règles, si je peux dire, à suivre pour enfin arriver à une vie agréable sans se compliquer pour autant. L’auteur parle de l’amour de soi-même, sans narcissisme bien sûr, pour savoir ensuite aimer les autres. Cependant, quelque chose me trouble un peu : tant de réflexion ne nous  perd-t-il pas au final ? Réfléchir intensément sur tous nos actes, nos pensées, n’est-ce pas une expérience un peu déstabilisante, où les remords peuvent être nombreux ? Je pense qu’un excès d’analyse peut-être aussi une perte de temps… Il faut donc une juste mesure. C’est d’ailleurs la phrase qui résume assez bien ce livre « chercher la juste mesure ». Certes, on ne naît pas avec la vertu, mais on a les qualités pour dès notre venue au monde. C’est comme arroser et entretenir une plante, ou la laisser se dessécher et disparaître. Chacun sait qu’il est libre de ses choix, que personne ne peut diriger ses actes et qu’il est conscient de sa bonne ou mauvaise action, comme le rappelle l’auteur.

Je pense alors qu’il a un travail sur soi à faire tout les jours, néanmoins, il faut aussi laisser une part de liberté dans notre personnalité, celle qui parfois fera que nous agirons spontanément, sans réfléchir, mais qui sera naturelle. J’aime aussi l’attitude modeste de cet écrivain qui ne se situe pas en supériorité parce qu’il a su trouver un juste milieu dans sa vie, et nous, pour la plupart, non. C’est bien d’ailleurs ce qui repousse les gens quand des soi-disant « personne élevées » spirituellement, commencent à vous sermonner d’un air hautain en pensant que vous êtes en tort, perdu. Chacun à sa propre vision du monde, sa religion ou non, et cela ne veut pas dire que nous n’atteignons pas le même but : nous empruntons simplement des chemins différents.

Sans m’étendre plus longtemps, ce guide est intéressant pour tous, même pour les adolescents en quête d’une voie qui se perdent dans un excès de liberté, cassant tout leurs repaires. La liberté est ainsi redéfinie dans une quête de bonheur. Pardon, guérison intérieure, discernement, méditation, tout y est abordé de façon simple, comme « une conversation », en effet. Un livre à recommander. 

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