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samedi 23 mai 2015

La Tribu de l'asphalte

LA TRIBU DE L'ASPHALTE - TODD STRASSER - 4/5

Éditeur : Bayard Jeunesse
Jeunesse


"Dans les rues froides de l'hiver New-Yorkais, une bande de huit adolescents, qui ont fui les violences familiales, tentent de survivre. La nuit du 31 décembre tout près des lumières de Broadway, mais à des années-lumière du confort et des richesses du quartier, huit adolescents vadrouillent dans les rues. La narratrice, Maybe, décrit la survie du groupe au jour le jour. Le froid, le vent, la neige et les abris toujours plus sordides. La faim permanente, dans une ville dont les poubelles regorgent de pizzas à moitié entamées. L'angoisse qui ne les quitte plus depuis l'agression ou l'humiliation qu'ils ont subies de la part des adultes (souvent des parents à la dérive eux aussi). La peur des pervers qui rôdent la nuit. La drogue, qui permet de tout oublier en un éclair, mais dont le manque les  laisse hagards. Et pour finir, la mort. Tomorrow sera retrouvée étranglée et Rainbow se suicidera... Bien sûr, quelques adultes tentent de sortir ces jeunes de là. Mais ces bénévoles qui tentent le tout pour le tout essuient de nombreux échecs : ainsi Maybe s'enfuit après une nuit passée au chaud dans un foyer ; elle préfère la "liberté" de la rue aux contraintes collectives, aux "règles débiles"... En revanche, un homme à force de patience parviendra à sauvre Maybe et Tears. "La rue n'est pas la liberté, c'est la mort", nous dit l'auteur de cet ouvrage, un certain "Mort-on Rhue"."


Écrit avec beaucoup de réalisme et de justesse, ce livre nous montre comment ces jeunes,
livrés à eux-mêmes, se battent pour survivre : se battre pour se nourrir, se loger, se protéger, être seuls et pourtant unis dans cette misère ; le journal (si on peut dire) de Maybe ne peut nous laisser indifférent ! L'auteur nous livre des personnages attachants, tant qu'on pense à ces vrais jeunes dans la rue et qu'un sentiment d'impuissance s'éveille aussitôt en nous. 

Leurs vies dures, violentes, est assez vite insupportable : prostitution à la limite du viol, endroits miteux, mort, indifférence totale de la part des gens, sauf de ceux qui veulent leur procurer de l'aide mais, comme Maybe, on s'interroge à chaque fois sur leurs intentions. Au fil de notre lecture, on se plonge intensément dans leur quotidien, tant qu'on réalise à la fin la chance que nous avons de ne pas être à leur place.

La situation la plus révoltante et dégoûtante, est lorsqu'on découvre que l'un des jeunes n'est pas un SDF, qui l'a des parents qui l'aiment, le recherchent et que finalement, sa "vie" dans la rue n'était qu'une sorte d'excursion. Un fils de riche qui s'amuse à découvrir l'existence de filles et garçons de son âge démunis...

L'atmosphère, très bien définie (froid, odeurs nauséabondes, échappements), nous plonge à fond dans le contexte de l'histoire et, lorsque Maybe troque enfin ce paysage déprimant, gris, pour le bruit des vagues, le changement est radical, un final réjouissant.

 Bref, une morale donc, et un récit qui démontre à quel point la vie est loin d'être rose pour tout les enfants. Un postface complète ce récit, rassemblant des chiffres ahurissants et effrayants sur la vie et le nombre des sans-abris mineurs.

Une petite remarque sur l'auteur : 



Morthon Rhue, de son vrai nom Todd Strasser, a écrit de nombreux romans primés, pour jeunes adultes et adolescents. Les sujets difficiles sont souvent ceux qu'il choisit, pour leur controverse, comme le nazisme, les tourmenteurs à l'écoles, les sans-abris, les coups de feu à l'école et la sexualité. Il a même pris contact avec des dizaines de jeunes SDF pour écrire La Tribu de l'asphalte. 






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