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samedi 16 mai 2015

Du livre aux films : Le portrait de Dorian Gray



Célèbre et unique roman de l'auteur Oscar Wilde, tout le monde a plus ou moins déjà entendu parler de ce jeune homme qui ne vieillit pas grâce à son portrait. Datant de l'époque victorienne, le livre est parfait pour les adeptes de lecture philosophique, riche en art et beauté, où la jeunesse et la morale rythme l'histoire bien avant le fantastique. 

D'une beauté exceptionnelle, mais aussi naïf des pièges de la vie, Dorian Gray suscite l'envie et l'admiration sur son passage. Son ami Basil (personnage auquel s'identifie Wilde), peintre au talent confirmé, se prend alors d'amitié pour Dorian. Il décide même d'en faire un portrait, de peindre à jamais ses traits gracieux sur une toile pour que telle beauté ne soit jamais oubliée. Une fois sa tâche achevée, le moment est venu pour son modèle de découvrir toute la splendeur qu'il représente : Le portrait de Dorian Gray est un chef-d'oeuvre. Le tableau de Basil est si précis, ressemblant, parfait, que Dorian a peur qu'on y découvre toute la profondeur de son âme, comme si cette réalisation était le reflet de toute sa personnalité.

C'est alors que commence la partie "fantastique" du récit : la magie du portrait.

Si Basil est un ami droit et loyal, Lord Henry est beaucoup plus réaliste et cynique à sa manière. Il fait vite prendre conscience à Dorian que son charmant petit minois ne dura qu'un temps, que la vie, cruelle et injuste, aura tôt fait de faner tout cette beauté. Finalement, seul le portrait gardera tout son charme et on en viendra même à oublier son modèle pour continuer de contempler ce tableau.

Paniqué et incapable d'y remédier - la vie est faite ainsi - Dorian souhaite que le tableau soit le seul à subir les ravages du temps. Souhait qui sera par chance (ou non) exaucé. Les années passent et seul son portrait vieillit et s'assombrit, subissant les nombreuses péripéties qui détourneront petit à petit Dorian de sa pureté. Bientôt le jeune homme réalise à quel point son tableau et lui se dissocie, l'effrayant même par ses traits disgracieux et la noirceur qu'il dégage.

Alors qu'il pensait être sauvé des angoisses de la vieillesse, Dorian en vient à regretter de ne pouvoir briser ce terrible sortilège. Il quitte une actrice d'un théâtre minable sans raison et ne se consacre qu'à l'analyse de son tableau.

Allant même jusqu'à tuer Basil, son plus proche ami, à être la cause du suicide de la jeune actrice, Dorian n'est plus qu'angoisse et mépris, jusqu'à ce que le frère de la jeune femme ne le reconnaisse et ne l'agresse. Heureusement (ou pas), il parvient à s'en débarrasser et parle de la possibilité que ce soit lui le tueur de Basil. Mais lord Henry,  persuadé que Dorian est encore (un peu) l'homme innocent  de ses débuts, lui répond qu'un meurtre serait un acte trop grossier pour qu'il le commette. C'est la goutte finale.

De réflexion en réflexion et surtout, à la vision de son tableau couvert de sang, Dorian décide d'y mettre un terme. Il se saisit du couteau qui aura servit à tuer et Basil et le plante dans la toile. Résultat : un corps vieillit et méconnaissable s'effondre mort au sol, et le portait, possédant à nouveau toute sa fraîcheur et sa jeunesse, trône dans la pièce. L'équilibre a été rétabli.


Si le livre est une recherche de soi, du temps qui passe, de l'importance de la beauté qui, dans ce monde, est si éphémère, le dernier film adapté montre assez rapidement le côté un peu plus obscur de la vie de Dorian. Drogue, luxure, dont homosexualité qui est très peu montré dans le livre comme dans le film. A l'époque, les journaux avaient jugé l'oeuvre de Wilde comme répugnante, tant par l’égoïsme de son personnage principal que par sa dépravation.

Du livre aux films, ou au théâtre, de nombreuses adaptations ont été faites de cette oeuvre. La dernière adaptation, même si elle n'est pas la plus fidèle, est tout de même une bonne réussite : réalisé par Oliver Parker en 2009, avec Ben Barnes. 

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